INFORMATIONS PRATIQUES
Vernissage
dimanche 14/03/2010 à 15h
Exposition
du 15 mars au 25 avril 2010
samedi et dimanche de 14 à 18h
ou sur rendez-vous
galerie budA
Buda 14
1730 Asse
BELGIQUE + 32 (0)2 306 50 95 info@budart.be
www.budart.be
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE
GALERIE BUDA
14/03 - 25/04/2010
Après une année sabbatique causée par des grand travaux routiers à Asse
et aux alentours, la galerie budA profite de ce printemps pour vous surprendre
à nouveau avec l'exposition de Valéro-Kim (°1964). Cette jeune artiste
franco-coréenne qui vit et travaille à Paris s'est peu à peu fait apprécier
et reconnaître sur la scène artistique belge. Représentée au salon AAF
à Bruxelles, ou lors de l’exposition « Oppositions » (centre culturel
de Huy), elle est également répertoriée sur le site d’artistes La Galerie.be.
La présentation dans la galerie budA est en même temps sa
première exposition individuelle en Belgique. Une artiste à
suivre de près !
Lorsque l’on regarde les œuvres de Valéro-Kim, il est difficile de les
considérer comme de simples objets. Même si elles parlent le même language
que la peinture (châssis, toile, couleurs) même si par leur volume, elles
frôlent la sculpture, ses œuvres sont quelque chose qui place le regardeur
dans une position troublante. Prolixes et silencieuses, attirantes et
repoussantes, entre extrême simplicité et complexité exigeante, ces œuvres
toutes en paradoxes, évoquent un corps en suspension rendu visible par
celui qui regarde en détail.
Si on aborde l’œuvre par les patchworks (pièces
de ramies carrées, colorées, nouées, serrées par des fils de nylon), la
présence du carré pose d’emblée une certaine évidence. L’espace choisi,
forme contrôlable et élémentaire montre une transcendance du rationnel,
mêlé à une logique analytique de la conception plastique. Monotone, solide,
obsessionnelle, entre tension et silence, la rigueur du patchwork passe
par le carré et la répétition de celui-ci. Le carré peut être interprété
de différentes manières. Il est peut-être intéressant de rapprocher cette
forme à l’écriture du Hangul, langue coréenne qui organise ses syllabes
dans un carré virtuel. A l’intérieur de chaque carré, les signes sont
disposés selon un ordre tenant compte de leur forme, soit les uns à côté
des autres, soit au-dessus les uns des autres. En occident, et ce depuis
Vitruve, le carré représente la beauté parfaite. La symbolique du carré
repose sur le nombre 4 et exprime l’univers de l’homme sur le premier
plan concret et tangible. C’est une surface plane solide. Même empreint
de philosophie orientale, le carré chez Valéro-Kim est subversif car il
entraîne le dépassement des limites. Ce qui est extrait de la forme carrée,
ce qui est révélé n’est pas qu’une surface rationnelle et maîtrisée, la
force de l’œuvre tient dans la va et vient de l’enfouissement et de la
protubérance. Les carrés des patchworks sont colorés. Ce sont des morceaux
de ramie, fibre textile, solide et imputrescible, considérée comme de
la soie végétale, qui une fois repassées se durcie tout en gardant une
certaine transparence. L’introduction des couleurs dans le champ du carré
le dynamise. Le choix des motifs souvent répétitifs est une façon d’adoucir
la tension géométrique. Empilés ou assemblés, les carrés de ramie presque
translucides, permettent l’apparition de la couleur et provoquent ainsi
une vibrante sensualité. Comme des morceaux de chair finement ciselés,
les carrés de ramie laissent entrevoir des strates de dermes dont la profondeur
et la transparence révèlent une carnation subtile. Le corps enfoui se
détache, matière dévoreuse prête à l’explosion : un éclatement maîtrisé.
L’explosion vient des fils en nylon. Discret au départ, ils ne servent
qu’à nouer les carrés serrées. Une suture pour des bouts de chair carrées.
Petit à petit ils deviennent visibles, ils dépassent des pores comme des
poils épars. Les fils s’arrachent à leur contexte vers une mutabilité
de l’œuvre. Tandis que l’ordre des patchworks règne, le chaos des fils
capte l’intensité de ce corps qui ne se dit pas. L’ordre contre le chaos
donne les boursouflures. Les fils prolifèrent et enflent. Ils se soulèvent
en cloques scintillantes. Quelle étrange familiarité entre les mots boursouflures
et corps, une évidence et une extrême distance qui n’est que déplacement.
Les patchworks se hérissent, les fils grouillent vers l’extérieur pour
se répandre en longue chevelure, lisse ou broussailleuse, frisée ou velue.
Les fils ont percé la peau pour croître vers l’extérieur en parlant de
l’intérieur. Ils relatent l’organisme-organisation du patchwork, son microcosme
de trames, lui-même patchwork. L’aiguille, outil essentiel va traverser
la maille carrée pour joindre d’autres carrés, dans une série d’espaces
carrés. Il faut pouvoir imaginer le geste qui permet cela.
Répétitif, ample, scandé par les nouages, de l’arrière du support vers
l’avant du tableau. Méthodique et mesuré, entre surgissement et disparition,
chaque point est l’expression d’une attention, d’une tension qui rend
compte de l’implication du corps de l’artiste dans ce corps désincarné
qui n’a pas de titre. Les fils de nylon, à la manière des fibres optiques
nous informent de ce qu’il se passe à l’intérieur, ils transportent la
couleur qui devient lumière et transmettent des informations, des données
entre deux lieux. Capteurs, ils nous reconduisent vers le support. Enfin,
ils courbent la trajectoire de la lumière et empêchent l’œil de se stabiliser.
Texte: Sophie Hieronimy, dans « Ace Art », The Magazine of Contemporary
Art in Korea, vol. 7 (2007)
Photos: (c) Valéro-Kim
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