EXPOSITION

UOMO UNIVERSALIS: JACQUES FLEUREAUX



INFORMATIONS PRATIQUES

Vernissage
samedi le 20/11/2004 à 19h
performance: The Famous Marble Bazaar

Expo
21/11/2004 au 09/01/2005
samedi et dimanche de 14 à 18h
jeudi de 19 à 22h
et sur rendez-vous

galerie budA
Buda 14-16
1730 Asse
BELGIQUE
+32/2 306.50.95
info@budart.be
www.budart.be













COMMUNIQUÉ DE PRESSE


GALERIE BUDA


21/11/04 - 09/01/05

Depuis le début de ses activités en 2001, la galerie budA ouvre ses murs au dialogue entre une œuvre et l’environnement qui l’accueille. Cette troisième saison est inaugurée par le travail du peintre Jacques Fleureaux (né en 1940, il vit et travaille alternativement sur l’île grecque de Paros et dans son atelier près d’Orléans en France). Son parcours artistique, remarquablement étendu, est un voyage parcourant le temps, l’espace et la culture classique.

“D’abord, on se croit dans l’univers de la peinture. Formes et couleurs. Hauteur et largeur. Pourtant, très vite, surgit un vertige. Des réminiscences accrochent l’oeil. Infiniment, défilent les siècles. Collisions avec les marbres des idoles Cycladiques, avec les grès polis des plages où les barques, formant le creux du temps, conservent, au sein même de leur bois, l’écume qui les a portées. Cette frontalité n’élude pas la rencontre d’un ailleurs, elle en serait peut-être même le ressort ou la possibilité. Plus qu’une découverte, c’est une plongée vertigineuse qui nous convoque vers un lieu insoupçonné où semble se résoudre un message au-delà du langage.

Jacques Fleureaux peint cet au-delà du langage. Ou plutôt l’espoir du langage. Croire que quelque part existe un lieu secret où les les choses, les idées et les sentiments se comprennent et s’expriment sans mots. Dans cet espace mythologique, l’esprit et la créativité sont sans cesse convoqués. L’oeil, sous le privilège inhérent du contact originel avec le monde, explore les brossés expressifs ocres et bruns et la déclinaison des bleus, parcourus de battements et de pulsations tels ces frémissements précédant, l’orage. Mais, au moment précis de la chute, interpellent soudain ces traces de texte qui courent comme des écritures abstraites à la surface de l’écume du temps. Aussi indéchiffrables que l’écriture linéaire B, elles semblent pourtant familières, nées d’une main souple ou du staccato de la machine, estampées comme un sceau ou soufflées comme une aurore. Signes. Pur concept.

Quelle rage intérieure doit-il domestiquer pour donner ces tableaux, et ces textes, qui ne sont formellement abstraits qu’au sens où les mondes qu’ils décrivent paraissent loin de nos yeux. Jacques Fleureaux craint le médiocre, mais il ne s’abaisse pas à le laisser voir dans son oeuvre. Au contraire, il choisit de lever le regard vers l’immensité qu’il n’imagine pas vide, mais habitée par l’esprit. Le message métatextuel de l’oeuvre, c’est à l’homme de le lire. Jacques Fleureaux nous dit cet homme, ou l’être qui s’y cache en filigranes. Son trait enveloppe ce balbutiement d’ enfants qui préfigure toute phrase, qui contient cette sphère de découvertes, ce sanglot d’émotions inexprimables, que la bouche refuse encore d’articuler. Mais que le visage et les mains se dévoilent et nous devinerons bientôt que ce hiéroglyphe incompréhensible signifie pourtant, au-delà de sa confusion, l’essentiel.

Plonger dans l’oeuvre de Jacques Fleureaux, c’est bien plus que regarder. C’est ré-apprendre à lire au travers des ‘mots’ et voyager au plus profond de l’âme universelle. Les différentes périodes se succédent sans vraie rupture. Cette cohésion, tissée entre les étapes de sa démarche, laisse aparaître un lien très fort entre chacune des modalités qu’il a choisies pour s’exprimer: peinture, papier, céramique et écriture. L’ensemble auquel le spectateur est convié, fait partie d’un cycle dont le processus interactif relie sous une dynamique inépuisable, l’individu à l’inconnu. Et ce que l’on avait d’abord cru comprendre comme un trajet exploratoire, pourrait bien se révéler, dans une sorte de mouvement parfaitement contradictoire, comme une invitation à l’introspection.

Texte : Veerle De Saeger / budA