EXPOSITION

AU FIL DE LA COULEUR : FRANTZ ABSALON



INFORMATIONS PRATIQUES

Vernissage
samedi le 09/04/2005 à 19h

Expo
09/04/05 au 29/05/05
samedi et dimanche de 14 à 18h
mercredi de 19 à 22h
et sur rendez-vous

galerie budA
Buda 14-16
1730 Asse
BELGIQUE
+ 32 (0)2 306 50 95
info@budart.be
www.budart.be

















COMMUNIQUÉ DE PRESSE


GALERIE BUDA

09/04/2005– 29/05/2005

Pour sa quatrième exposition, la galerie budA invite à nouveau un artiste français à investir ses murs pour y créer une installation. Frantz Absalon (°1948 Martinique) vit et travaille à Paris depuis les années septante. Son travail est exceptionnellement visible en Belgique.

Les sculptures de Frantz Absalon exploitent un équilibre en tension entre différentes dimensions imaginaires déterminées par la peinture, la sculpture et l’installation dont la base est la sculpture elle-même, animée d’un effort physique dans sa réalisation. Tout part de l’état original du bois, ce matériau non-équarri, jusqu’à sa forme finale où l’épure rejoint la perfection. La galerie budA montre pour la première fois une sélection importante de ses sculptures les plus récentes. Il s’agit de formes ludiques et colorées faites de bois tendre ou nerveux, parfois drôles mais aussi très attirantes et émouvantes sur le plan visuel et formel. Le fil rouge de cet ensemble demeure l’esthétique.

A partir de l’aiguille et de l’arc (en plein cintre), naît un monde de sculptures caractérisé par sa simplicité et sa couleur où les deux formes, historiquement chargées, sont continuellement créées et recréées par l’artiste. Il y a de la simplicité dans la diversité et de la diversité dans les couleurs, les formes et les rythmes: des longues et fines aiguilles à petits chas jusqu’aux fermes aiguilles à repriser, des ciseaux de poche, pour papier ou à ongles, agrandis jusqu’aux formes quasi-végétales (feuilles, tiges ou fagots) qui font référence à leur forme originale de ciseau ou d’aiguille. D’autres formes imaginaires interviennent comme ces épingles à nourrice qui paraissent extraites d’un film d’animation ou d’un parc d’attraction.
Ce sont des détails insignifiants de notre entourage quotidien qui, repris, retravaillés et agrandis jusqu’à l’extrême aboutissent à ces sculptures équilibrées.

De même que le ciseau et l’épingle à nourrice, l’aiguille, symbole de dextérité et de travail manuel, fait non seulement penser à une lance ou à un sceptre (de fertilité ou cérémoniel) mais elle reçoit en outre par cet aspect une dimension symbolique supplémentaire ainsi qu’une force sereine. Les bandes colorées qui ornent ces sculptures sont des rappels certains des gammes chromatiques se trouvant sur les vieux bateaux de pêcheurs de la Martinique et elles reprennent en parallèle, et sans le savoir, toutes ces réminiscences visuelles que l’artiste a emmenées avec lui.

Quant à l’arc, ou l’arc roman, il nous renvoie directement vers la culture européenne médiévale tout en dissimulant, sous un sentiment polymorphe, la protection, le retrait et la sérénité. Cette forme dont la stabilité répond à la perfection formelle à présent inscrite en dehors du temps, est à la fois fondatrice et porteuse d’une architecture qui nous renvoie, par la présence spirituelle qu’elle convoque, à la tradition des bâtisseurs romans incarnée par l’esprit des Cisterciens.

La création de ces aiguilles, ciseaux et épingles, comme celle de ses peintures où l’arc roman domine, fait partie d’un processus ininterrompu de construction et de déconstruction qui est essentiel pour Frantz Absalon dans l’exploration de son parcours pictural et culturel: il s’agit constamment de remettre en question son langage formel et de le retravailler de manière à déplacer, voire réfuter, ses propres frontières. Dans son travail, il part continuellement à la recherche d’une im-probable satisfaction, d’une tranquillité et d’un équilibre, tout en évitant la répétition, la facilité et l’extrême. Cette réinvention de l’austérité l’emmène vers une réponse pure, la sculpture parfaite dans la couleur adéquate.

L’essentiel.



Texte : Veerle De Saeger / budA